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Toute la journée, les missions s’enchaînent au rythme des patrouilles, des appels et des imprévus. Pendant 24 heures, les policiers municipaux ouvrent les portes de leur quotidien.
* Pour préserver l’anonymat des policiers municipaux dans l’exercice de leurs missions, leurs prénoms ont été remplacés par des prénoms d’emprunt. À l’exception de la cheffe de service.
1568
mains courantes
1079
contraventions
258
véhicules en stationnement abusif
Plusieurs interventions ont déjà rythmé la matinée mais c’est à 9h30, avec l’opération Tranquillité vacances que l’immersion commence.

Ce matin-là, 40 domiciles doivent être inspectés. Une vérification quotidienne pour pouvoir agir au plus vite et surtout prévenir les cambriolages.

La tournée se fait en présence d’Alpha, le jeune malinois de la brigade canine. Il voyage dans un compartiment aménagé, prêt à intervenir avec Laura*, sa maître-chien.
Ce jour-là, rien à signaler. Mais ce n’est pas toujours le cas : « Lors d’un passage, on a déjà constaté les traces d’une effraction commise pendant la nuit. Les propriétaires ont pu être au courant rapidement et réaliser les démarches à distance » raconte Damien*, policier municipal.

Equipés de leurs lunettes laser, les policiers municipaux prennent la direction de la rue Paul Éluard pour un contrôle de vitesse. Mais à peine le véhicule arrivé, le téléphone sonne.
Une femme présentant un important hématome au visage vient d’être signalée dans la rue. Le contrôle de vitesse attendra, priorité à l’atteinte aux personnes. Mais sur place, la dame a disparu. La patrouille part à sa recherche dans le secteur puis se rend à son domicile. Sur place, c’est un membre de la famille qui évoque un accident domestique. Après quelques vérifications, fin d’intervention. C’était une fausse alerte. « Une journée ne se déroule jamais vraiment comme prévu. On peut partir pour un contrôle de vitesse et devoir changer de priorité deux minutes après. Il faut évaluer ce qui est le plus urgent, parce qu’on ne peut pas être partout à la fois et que certaines interventions mobilisent une équipe pendant longtemps. Une ivresse sur la voie publique, par exemple, peut nous prendre entre une heure et demie et trois heures, entre la prise en charge, les déplacements et les démarches administratives », explique Damien*, policier municipal.

Retour au contrôle de vitesse. Il ne faudra pas plus de 5 minutes pour intercepter deux automobilistes à plus de 50 km/h dans une zone limitée à 30.
S’entraîner, c’est intervenir dans de bonnes conditions pour les policiers et pour les usagers. « Footing, boxe, self-défense l’entraînement fait partie de notre métier. À cela s’ajoutent tous les ans les formations obligatoires pour pouvoir porter et utiliser nos armes non létales : le pistolet à impulsion électrique, le bâton télescopique ou l’aérosol de défense. Tout ça nous permet d’intervenir dans de bonnes conditions, pour notre sécurité comme pour celle des usagers », détaille Priscillia, cheffe de la Police municipale.
Au stade municipal Jean Adret, la soirée guinguette d’Un Été au stade bat son plein, avec une invitée d’honneur : une éclipse solaire.

Plusieurs policiers municipaux sécurisent les lieux. La soirée est calme mais la présence des agents permet aussi de rassurer les gens et de prévenir les risques. « On les voit, on sait qu’ils sont là s’il y a un problème. C’est rassurant, surtout avec autant de monde », témoigne Julie, habituée d’Un Été au stade.
Mais la soirée va se poursuivre bien après les derniers pas de danse. Comme de nombreuses villes en France et dans l’agglomération rouennaise, Sotteville est confrontée cet été aux tirs de mortiers d’artifice. Ces derniers jours, plusieurs tirs ont été signalés dans l’espace Lods. Une patrouille nocturne est donc prévue pour garder un œil sur le secteur.
L’effet papillon, c’est l’idée qu’un événement mineur en apparence peut entraîner une suite de conséquences importantes.

Les policiers municipaux procèdent au contrôle d’individus mal stationnés. Un peu plus loin, deux hommes s’éloignent en courant à la vue des policiers. Tant pis pour le véhicule mal garé. Les fuyards sont rattrapés très rapidement quelques mètres plus loin, à la station de métro.
C’est alors qu’une femme s’approche. Son ancien compagnon, explique-t-elle, vient de dégrader son appartement, de casser son téléphone et a pris possession de son logement. La priorité change encore, la patrouille prend en charge la victime présumée et se rend à son domicile.
Dans la voiture, la discussion s’engage. La dame ne semble pas avoir subi de violences physiques. L’ équipe de la Police municipale lui propose tout de même de rencontrer l’une de leur collègue spécialisée dans les violences intrafamiliales. Ce qu’elle fera quelques jours plus tard.

Une fois arrivée au domicile, l’équipe de la Police municipale constate que le suspect a disparu. Les policiers le connaissent : ils sont intervenus auprès de cet homme la veille. Les agents partent à la recherche de l’ex-conjoint. Rebondissement. À 23h, le téléphone sonne. Une proche de la victime prévient les policiers : « Il est revenu, il est en bas de l’immeuble avec une dizaine de personnes ! »
Les gyrophares s’allument, demi-tour à toute vitesse. Les messages radio s’enchaînent : la deuxième patrouille municipale est appelée, la Police nationale prévenue. Plusieurs équipages convergent vers l’adresse. À leur arrivée, le groupe s’est déjà dispersé.
« Il faut parfois du temps avant qu’une victime soit prête à parler, à déposer plainte ou à engager des démarches.
Notre rôle, c’est aussi de rester disponibles et de pouvoir l’accompagner dans la durée », explique Amélie*, policière municipale spécialement formée aux violences intrafamiliales.
Le lendemain matin, l’intervention continue. De retour dans les bureaux de la Police municipale, le terrain laisse place au travail administratif.

Damien* ouvre Municipol, le logiciel de la Police municipale. Horaires, appels, déplacements, contrôles, renforts sollicités, chronologie : chaque étape est retranscrite avec précision. Quelques jours après les faits, la victime rencontre Amélie* et décide de porter plainte.
Un été avec la Police municipale
Cet été, les policiers municipaux sont aussi allés à la rencontre du public d’ Un Été au stade. Un rendez-vous a permis de présenter leurs missions et de répondre aux questions des habitantes et habitants. « On aime faire ce genre de choses. Ça montre aux gens qu’on est ouverts et ça permet d’évoquer l’étendue de notre champ d’actions ainsi que nos limites. C’est important de maintenir une proximité avec les usagers », souligne Magali*, policière municipale.

Interview de Niswat Abdourazakou, 7e adjointe en charge des sécurités du quotidien, de la prévention, des ressources humaines et de la citoyenneté
« La sécurité ne se limite pas à la délinquance. Il faut pouvoir se sentir en sécurité dans son logement, son alimentation, sa santé, mais aussi en vieillissant. Cela passe notamment par le travail avec les bailleurs contre l’insalubrité, les actions du CCAS contre l’isolement ou l’accompagnement des seniors. Il faut s’assurer que les Sottevillaises et les Sottevillais vont bien. »
« Les 11 policiers municipaux participent pleinement à la tranquillité de Sotteville. Ils patrouillent, sont visibles et connaissent très bien la population. Leur travail repose beaucoup sur la prévention et la dissuasion, dans des domaines très variés : harcèlement scolaire, violences intrafamiliales, environnement… C’est une véritable police de proximité. »
« Non. La Police municipale fait un excellent travail, mais son champ d’action est limité et elle ne peut pas se substituer à la Police nationale. Certains phénomènes dépassent largement les frontières de Sotteville, à l’image des tirs de mortiers d’artifice constatés partout en France. La Ville constate un manque d’effectifs de cette dernière et a interpellé l’État à plusieurs reprises. Chacun doit pouvoir exercer pleinement ses missions. »